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Les rasoirs dans le silence

Le 5 novembre 2014, 23:36 dans poésie 0

Il y a ces coups de pioche dans le cœur, les souvenirs qui reviennent pour nous briser, nous courber, nous laisser sans larme, juste avec la douleur, l’errance dans le vide, dans le silence, dans le mal.

Je me souviens. Une image en 3D, les yeux de ma mère rivés aux miens, sa douleur, sa peur, son renoncement. La maladie avait encore fait un pas dans les illusions perdues. La vie est cruelle, elle donne, un peu, elle reprend sans concession. Il n’y a rien à faire, rien à dire, on ne s’oppose pas aux réalités. On peut les nier un moment, leurs faire des pieds de nez, ne pas les accepter mais vient le regard qui trahi chaque larme, chaque pensée, chaque évidence. La mort rode, la maladie ronge et on n’ose pas dire au-revoir, on repousse l’échéance, on prie, on crie, on sourit faiblement, on a peur de ce dernier moment qui viendra percuter tout l’espace vide qui prendra place en nous.

Son regard à certains moments venait tout me raconter, dans le silence de la pièce. Il me disait, c’est trop dur, je me suis battue, j’ai lutté, j’ai perdu, je suis perdue, il faudra t’y faire. Un regard, à la fois glacial et triste mais avec l’éclat de l’amour et les pigments de la peur. L’intensité de la vérité, l’éclair de clairvoyance, un rasoir dans le silence, une cicatrice déjà toute faite, celle qu’on touchera à tout jamais sur la surface de l’âme.

Les souvenirs sont la mémoire des sentiments, du ressenti, ils nous font vivre dans la joie comme dans le malheur, ils nous disent, il faut vivre tant qu’on le peut parce que les instants ne sont pas éternels.

Hors du nid

Le 12 octobre 2014, 01:12 dans Humeurs 0

Sous les draps infidèles, s’espère l’aventure

Une poussée d’ailes emportant vers l’extase

Loin des terres mornes de la routine en pâture.

Deux amants dorment, les rêves s’embrasent

Dans un hôtel qui ne compte plus les passages

D’espoirs charnels dérobés au triste quotidien.

Combien se brisent et provoquent des ravages

Pour une crise qui n’épargne pas les siens ?

Dans les lits vides, après les nuits volées

Les vœux frigides s’attardent sur l’oreiller.

Ils attendent les prochains tourtereaux

Pour reprendre leur nid aux oiseaux

Sous les draps infidèles, se meure la foi

Quand les ailes se glacent du froid

 

D’une histoire se finissant en regrets.

 

Aurélie Lemoine

Les pierres blanches

Le 12 octobre 2014, 01:05 dans Société 0

Y’a comme des brisures de verre

Dans ton regard anthracite,

L’ami Pierrot y pisse sa misère,

Son chant de larmes qu’il récite

A noyé la dernière flamme

Qui valsait au fond de tes yeux,

Celle qui gardait vivante ton âme

Vient de mourir dans les Cieux.

Tu es devenu plus triste que la pluie

Qui dégouline sur Amsterdam

Les rues accueillent tes pas sans vie

Et le moulin ne tourne plus.

C’était l’amour dans tes veines, ta came,

La poudre à tes yeux éperdus.

Elle a changé la couleur de ses lentilles

Ta belle qui ne te regarde plus

Et sa peau laiteuse qui t’as fuit

Laisse ton corps orphelin.

Dans ta maison vide de sa danse

Tu fais entrer des catins

Pour oublier que ça te lance

 

Dans ton cœur sans lendemain.

 

Aurélie Lemoine

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